( Je vais faire une petite entorse à mes règles et ouvrir une petite parenthèse politique. )

Je crois que la quinzaine qui vient sera pour moi décisive quant au bien fondé de ma préférence pour Bayrou[1].

Jusqu'à cette campagne, certaines de ses positions m'avaient séduites, d'autres moins, et je trouvais que le personnage manquait cruellement de charisme et de répondant.

N'étant pas partisan de l'UDF, il n'y avait pas là non plus raison à ce choix. J'irai jusqu'à dire que je considérais l'UDF comme un point négatif. Le ralliement de certains piliers historiques de l'UDF à Sarkozy dès le début de campagne n'a d'ailleurs fait que renforcer cette perception.

Dans la foulée, après ce premier tour, et avant même une quelconque déclaration d'intention de Bayrou, on voit déjà quelques autres encartés de l'UDF se précipiter pour rejoindre les rangs bleu foncé. Si ce n'est pas une réelle surprise, ça n'en reste pas moins affligeant.

Tout cela pour dire que le Bayrou qui m'a séduit n'était pas le chef de l'UDF mais celui qui parlait d'un pont entre idées de droite et idées de gauche. Celui qui semblait réfléchir à un mix sain entre les contraintes de l'économie à l'heure de la mondialisation et les attentes sociales des Français.

Evidemment, tout cela n'était que propos et ne pouvait pas être vérifié dans les faits. Douter du résultat ne pouvait être que légitime. Mais pourquoi ne pas tenter réellement le coup ? L'alternance gauche/droite, on connaît. La cohabitation également. Mais nous n'avons jamais encore tenté la coalition. Et ça ne sera malheureusement pas encore pour cette fois ...

Ce qui m'amène aux attentes suivantes :

  • J'espère que François Bayrou n'appellera pas à un report des voix pour tel ou tel candidat, mais invitera à un vote libre. Dans le cas contraire, un appel pour rallier Sarkozy sera définitivement disqualifiant.[2]
  • J'aimerais que Bayrou s'affranchisse de l'UDF. Malgré quelques sursaut à l'Assemblée, l'UDF apparaît comme la représentation d'un centre à la sauce droite molle, prêt à rentrer dans les rangs de l'UMP au premier coup de sifflet. C'est en opposition au discours de campagne de François Bayrou qui tentait de dessiner un centre au goût best of breed.

La démarche de Bayrou m'a laissé penser que mon espoir de voir enfin un courant politique naître autour d'un projet de société réaliste, humble et suffisamment équitable pourrait se concrétiser.

Suivant les décisions prises, je saurai si je ne suis qu'un incorrigible rêveur tombé dans le piège d'un simple discours démago ou s'il est temps d'envisager un réel engagement.

( Fin de la parenthèse. )

Notes

[1] Notez que c'est la première fois que ce nom apparaît dans un billet.

[2] Je rangerais alors Bayrou dans le tiroir des mauvaises blagues et vraies poignées de gravier.