vendredi 7 avril 2006
Une belle peau de vache
S'il est quasiment impossible de faire l'unanimité pour soi, il est par contre aisé de la faire contre soi.
Ce postulat trouve son illustration dans la vie de tous les jours, mais peut-être encore plus au sein de cette chère blogosphère. Elargissons même aux applications du Net mettant en oeuvre les relations humaines et sociales : newsgroups, forums, chats.
Cela vient sans doute du fait qu'au-delà des mots, ces relations numériques
[1] ne proposent pas un ensemble de signaux communément présents lors de toutes relations physiques
: intonation de la voix, malice du regard, expression du visage ou expression corporelle en général...
Ces relations n'en sont pourtant pas moins réelles. Mais voilà... elles sont d'emblée un peu faussées. En l'absence de la panoplie complète des signaux de décryptage
, l'interprétation des mots prête souvent à confusion. Vous me direz que c'est le même problème pour toutes communications se limitant à l'écrit. C'est un fait. Mais, quelque chose d'assez paradoxal vient encore brouiller les pistes : un certain sentiment de proximité entre personnes ne se connaissant pas, et de surcroît, ne se voyant pas. Ce paradoxe est certainement lié à la levée de certaines inhibitions[2] chez quiconque communique par écran/clavier interposé.
Arrivé à ce point, je vous imagine en train de vous dire Ca y est ! Encore un qui remet les couverts de la psychologie et sociologie de comptoir...
. Non, non. Je vous arrête tout de suite, et je m'arrête également. En fait, j'en viens maintenant à parler de pépère[3]...
Comme je l'affiche clairement désormais, je suis, de nature, un handicapé de la relation et un asocial patenté. Imaginez donc le résultat derrière un écran : je me mets à déblatérer un peu plus librement sur tout et n'importe quoi, j'interviens dans des échanges où je ne suis pas ouvertement convié, etc, etc. Tout cela, sans le trousseau de clés du décryptage. La sanction ne se fait généralement pas attendre : déjà que je ne suis pas toujours bien perçu dans la vie réelle
, c'est encore pire sur le Net.
Par exemple, je suis normalement quelqu'un qui évite les conflits, et ce pour une bonne raison : si je n'arrive pas à les désamorcer rapidement, je perds patience et m'énerve. Mon oursitude
et une bonne dose de maladresse font que je me mets parfois en fâcheuse posture : je crée des conflits contre mon gré[4] . Peu à peu, je me forge une réputation de personne désagréable, arrogante et prétentieuse. Et là... le doute s'installe : est-ce autrui, faussement persuadé de me connaître, qui interprète mal mon message, ou est-ce une véritable part de ma personnalité qui se trouve exacerbée par cette fameuse levée des inhibitions ?
* Gasp... *
Bon, ben... en attendant de trouver la réponse, ou une solution, il ne me reste plus qu'à assumer. Je vais donc baisser la tête et monter ma garde. Et je me souviens avoir lu cette remarque sur un de mes blogs favoris :
Il faut avoir un certain "cuir" pour jouer sur la blogosphère. C'est comme être un peu un personnage public, et certains ont du mal à le comprendre.
Il est donc grand temps pour moi de prendre soin de ma peau...
Notes
[1] C'est un qualificatif stupide, je l'admets, mais bien moins que si j'avais opté pour virtuelles
...
[2] Il y a également chez Karl un billet très précieux dont j'ai... perdu le lien !
[3] Dingue, non ? Un mec qui parle de lui sur son blog... Mais où va-t-on ?!
[4] Richard Virenque, sors de ce corps !


Commentaires
1. Par Ricou, le 07/04/2006 à 08:23
2. Par Fred Bird, le 07/04/2006 à 09:45
3. Par Pep, le 07/04/2006 à 10:21
4. Par xave, le 07/04/2006 à 11:18
5. Par hoho, le 07/04/2006 à 21:40
6. Par hoho, le 07/04/2006 à 21:41
7. Par Pep, le 07/04/2006 à 23:23