Et encore, c'est pour rester poli.

Avec une rhétorique de marchand d'aspirateur, adepte des effets de manche dignes d'un joueur de poker du dimanche et semblant souffrir de mégalomanie et de mythomanie chroniques, Darl McBride fait figure du parfait P.D.G. sabordeur.

Ce brave monsieur est à la tête de SCO Group, entreprise éditrice de systèmes Unix pour serveurs x86 qui, depuis quelques années déjà, n'est plus que l'ombre de son ancêtre. Pourtant, SCO[1] aurait pu réussir : en se positionnant dès fin 80 / début 90 sur le marché des systèmes Unix pour machines PC, SCO répondait alors à un besoin naissant, dont nous connaissons désormais l'étendue.

Malgré tout, SCO a vite été la victime de défauts pénalisants :

  1. un manque d'innovation et de réactivité[2],
  2. une évolution de gamme assez chaotique[3]
  3. une politique de croissance externe parfois "loufoque"[4].

La suite... je pense que tout le monde la connait, ou en a entendu parler. Elle tient dans une affaire qui fait régulièrement la Une de la presse spécialisée. Le SCO Group, représenté par ce charmant McBride donc, est parti en croisade contre Linux, portant des accusations de violations de brevets et/ou de copies illicites de portions du code Unix[5].

Tristement, cette affaire était, jusqu'à l'annonce de SCO OpenServer 6, la seule et unique actualité de SCO. Mais alors que SCO propose enfin une nouvelle version de son OpenServer, quelle peut bien encore être la crédibilité d'une entreprise qui se targue d'offrir dans sa solution un support d'Apache, de KDE, de Samba, d'OpenSSH, et autres - solutions open source qui doivent, directement ou indirectement, beaucoup à Linux et sa communauté[6] -, alors même que son porte-parole tient des propos aussi ridicules et guignolesques :

Franchement ? ...

Notes

[1] L'original, hein, Santa Cruz Operation ...

[2] Cela se traduisait au départ par une adoption lente de certains matériels, posant très souvent des problèmes de compatibilité (pilotes inexistants ou peu stables). Par la suite, cela a signifié l'incapacité pour SCO de développer, en interne, une part de valeur ajoutée technique dans son offre. En arrivant de moins en moins à se démarquer des solutions Unix-like émergeantes (*BSB et Linux), les coûts des solutions SCO commençaient à paraitre prohibitifs.

[3] Avec un Xenix empruntant à la fois aux souches BSD et System V R3, puis un croisement entre SCO Unix et UnixWare pour aboutir à la première mouture de OpenServer ...

[4] Même avec une assez bonne mémoire, quelques souvenirs d'évènements marquants, c'est du boulot pour suivre... Vive Wikipedia !

[5] A force, on ne sait plus très bien. Il faut dire que c'est rondement mené... :-p

[6] J'inclus également les entreprises sponsorisant en partie ces développements. Pas la peine de venir me traiter de dangereux communiste.